
Et parce que la direction adore les chansons…
PASAR, c’est fini…
et dire que c’était la ville de mon premier amour...
A l’ARI, l’innovation, c’est formidable... Surtout lorsqu’elle n’existe pas encore !
PASAR, c’est fini ! 15 ans après sa création, la Plateforme d’Accès aux Soins pour Adolescents en Rupture nous dit aurevoir.
Créé en 2010, pérennisée en 2013, la PASAR était pourtant un dispositif innovant : une sorte d’équipe mobile engagée dans une clinique de l’aller-vers, privilégiant un accueil souple pour des adolescents en rupture avec leurs parents, les institutions, l’école et -parfois- le reste du monde.
La PASAR était (puisqu’il faut désormais s’habituer à en parler au passé) exactement le type de service dont on peut vanter les mérites dans un dossier de réponse à un appel à projets.
Du maintien du lien à la prévention du décrochage, de la précarité, du suicide, de la délinquance, de la décompensation psychiatrique, de la clochardisation en allant même jusqu’à la prévention du terrorisme… la mariée était belle et ne manquait pas d’atouts.
Mais PASAR présentait un sérieux handicap : elle existait et les salariés militants qui y travaillaient savaient ce qu’ils faisaient !
Quoi de neuf ? Docteur ?
A l’ère des chaînes d’information en continu et du sensationnel éphémère, maintenir quelque chose qui fonctionne n’est pas très porteur.
En 2025, les nouveaux accueils sont suspendus. Puis en 2026, la baisse d’activité devient un argument pour envisager la fermeture.
Une méthode remarquable : on ferme le robinet, puis on s’étonne que l’eau ne coule plus !
Et pourtant, les professionnels n’ont pas manqué d’imagination pour tenter de préserver le dispositif : réorganisation, mutualisation médicale, maintien d’un accueil adapté, fonctionnement transitoire, café PASAR, reprise partielle par les CMPP… Autant de propositions qui n’ont pas été retenues… Elles auraient pourtant permis, de garantir la survie des prises en charges.
Mais non.
Faute de recrutement médical, l’exploitant a prononcé la fin de vie du service pour novembre 2026.
Balance ton quoi ?
Mais imaginons un instant que PASAR n’ait pas existé…
Qu’un cabinet de consultants soutenu par des intérêts prédateurs ait proposé une « plateforme territoriale innovante, mobile, inclusive et transversale, dédiée à la prévention des ruptures de parcours adolescents » avec un acronyme accrocheur, un logo rigolo, un PowerPoint de 37 diapositives, quelques indicateurs d’impact…
Les tutelles auraient crié au génie !
Car c’est bien toute l’ironie de l’histoire : à l’heure où la Lourdeur Administrative célèbre l’innovation sociale, où l’on multiplie les appels à projets et les évaluations externes absconses, à l’heure où, pourtant, la pédopsychiatrie manque cruellement de réponses, l’ARI choisit de perdre un dispositif qui avait déjà inventé ce que d’autres cherchent à vendre.
Alors oui…
PASAR, c’est fini… Et dire que c’était un si bel amour d’innovation !
A qui profite le crime ?
Pour la CGT de l’ARI, il reste surtout une question : à quoi sert de bâtir de nouveaux bâtiments pour mettre en œuvre de nouveaux projets si on choisit de ne pas préserver ceux qui ont fait leurs preuves ?
A quoi servent les appels à projets s’ils tuent, par attrition, les initiatives de terrain déjà opérantes ?
Et quid des adolescents.es en rupture ?
Malheureusement, elleux n’auront même pas droit au refrain.
